Au 25 novembre 2015, les emprunts souverains émis par des gouvernements africains ont atteint 5,17 milliards $. Depuis cette date plus aucun eurobond n’a été émis et il est désormais probable que 2015 s’achève sur un repli de près de 46% comparé à 2014, lorsque les états africains avaient mobilisé 9,36 milliards $.

Le gouvernement du Cameroun, avec ses 738 millions $ mobilisés sur un total recherché de 1,5 milliards $ et au taux record de 9,75% pour une maturité de 10 ans, est celui qui a connu l’apogée des difficultés de ce marché pour les Africains. Avant lui l’Angola, géant pétrolier d’Afrique et troisième économie de la région, avait dû céder un taux de 9,5%, après avoir plusieurs fois reporté son émission.

Des experts relient ce durcissement des conditions au sentiment de réserve que les investisseurs internationaux continuent de nourrir à l’endroit de l’Afrique subsaharienne, du fait notamment de politiques économiques ou de gouvernances peu claires. Une situation qui s’est trouvée davantage détériorée par le repli des prix des matières premières. A cela il faut ajouter un accroissement des déficits extérieurs et budgétaires, et des défis monétaires subséquents liés à une envolé du dollar américain.

Pariant tout au long de l’année sur un relèvement des taux de la réserve fédérale américaine, les gestionnaires de fonds internationaux sont restés en attente et peu enclins à se risquer dans les pays émergents, notamment africains, en proie à des défis. Ce relèvement des taux de la FED est finalement intervenu il y  quelques jours, et déjà cela fait planer le spectre d’un durcissement encore plus serré des conditions offertes aux emprunts souverains qui viendront de l’Afrique.

Pourtant, et malgré cela, il n’est pas exclu de voir de nouveaux pays arriver sur le marché international de la dette. Citant le premier ministre Augustin Matata Ponyo, Bloomberg a indiqué le 18 décembre 201 que la République Démocratique du Congo envisageait d’émettre un eurobond de près d’un milliard $, pour financer ses projets de développement.

Une alternative est pourtant offerte avec le marché africain de la dette, qui continue de se développer. Au terme de l’année 2015, les transactions sur les obligations dans les 25 marchés financiers africains, ont atteint 1,3 trillions $ (1300 millions $). Avec la Banque africaine de développement, l’Association des bourses africaines travaille au développement de ce marché obligataire local.

Mais les défis sont nombreux, notamment ceux portant sur la multiplicité des régulations, la non existence d’un indice monétaire commun à l’Afrique, la disparité des économies, une faible intégration économique et qui est quasiment inexistante à l’échelle continentale. A cela il faut ajouter que l’essentiel du dynamisme sur les marchés secondaires se retrouve en Afrique du sud et au Maghreb et que les taux sont parfois assez élevés pour des montants modestes et des maturités moyennes.

 

 

Idriss Linge

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