2016 verra le ministre français de l’agriculture, Stéphane Le Foll, se rendre en Afrique pour s’entretenir avec Macky Sall qui préside le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), à propos de l’initiative « 4 pour 1000 ».

 

Lancée par la France à l’occasion de la la COP 21, cette opération vise à augmenter de 0,4% la teneur en carbone des sols. Ce qui devrait permettre de compenser l’évolution de la quantité de gaz carbonique dans l’atmosphère.

 

De façon concrète, il s’agira de promouvoir des techniques comme l’usage de paillis pour recouvrir le sol, l’utilisation du compost ou du fumier. Cependant, souligne Hervé Saint Macary, du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), le recours aux engrais chimiques reste toujours une possibilité. «La plupart des propositions se rapprochent de l’agroécologie. Mais, on ne peut pas se cacher que capter du carbone et le mettre dans la matière organique, cela demande aussi d’autres éléments : de l’eau, un peu d’azote, de phosphore. On ne peut pas s’interdire totalement l’engrais azoté ou phosphaté, s’ils sont mis de manière raisonnable pour ne pas conduire à des dérèglements massifs des cycles géochimiques. Sur certaines terres, il ne pousse plus rien et si l’on veut redémarrer la machine, il faudra remettre à certains endroits un peu de produits chimiques.»

 

Si les ambitions affichées semblent louables, elles ne suffisent pas à désarmer la méfiance de certaines organisations non gouvernementales (ONG) telles que CCFD-Terre Solidaire dont l’une des dirigeantes, Maureen Jorand, confie à SciDev.net : «Quel cadre, quels critères pour ce « 4 pour 1000 » ? Sur le modèle de la Global alliance for climate smart agriculture que nous combattons, l’initiative « 4 pour 1000 » parle de changer les pratiques culturales ; mais se garde de préciser ses intentions. On assiste jusqu’ici à une opération de communication qui vise l’échelon planétaire».

 

Mais en dépit de ces soupçons, Hervé Saint Macary tient à souligner que «l’initiative française est originale parce qu’elle permet de rappeler à tout le monde que les sols agricoles, que l’on a beaucoup négligés, sont à la fois un support indispensable pour l’agriculture et une partie de la solution aux questions du changement climatique.»

 

Sur un continent qui perd annuellement 68 milliards de $ du fait de la dégradation des sols, «4 pour 1000», qui sera financé par des structures comme le Fonds vert ou le Fonds pour la lutte contre la désertification, pourrait apparaître comme une véritable solution.

 

 

Aaron Akinocho – Agence Ecofin

 

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