Aberdeen Asset Management, un gestionnaire de fonds qui a investi des milliards $ d’obligations dans les marchés émergents, faisait partie des investisseurs rencontrés par Kemi Adeosun (photo), la ministre nigériane des finances, lors de la rencontre qui s’est tenue à Londres mardi dernier, a-t-on appris d’une information rapportée par Bloomberg.

La firme qui a totalement supprimé son exposition aux obligations du Nigéria, dès l’introduction du contrôle sur les flux de capitaux, était venue écouter le gouvernement nigérian qui souhaite mobiliser 1 milliard $ sur le marché international de la dette.

Sur le contrôle sur les flux de capitaux, Mme Adeosun s’est montré toutefois réservée. Elle a juste indiqué qu’une décision sur l’introduction des mesures de flexibilité était attendue sous quelques jours ou semaines.

Le gouvernement du président Muhamadu Buhari qui a célébré il y a quelques semaines sa première année au pouvoir, est sous le feux des critiques du fait de son opposition à une dévaluation officielle du nairas, alors que sur le marché parallèle, la devise locale s’échange actuellement à 368 contre 1 $. M. Buhari a expliqué, pour justifier sa position, que les précédente dévaluations n’avait pas aidé l’économie de son pays, mais avaient contribué à aggraver le niveau d’inflation.

Pourtant, on peut relever que les ajustements apportés par le marché parallèle des devises a déjà contribué à faire grimper l’indice des prix à la consommation qui atteint désormais 14,05%. Mais il est important de noter aussi que la structure de l’économie nigériane semble avoir beaucoup changé. Si la situation actuelle plombe à court terme les marges, notamment pour les investisseurs étrangers, le niveau actuel de l’inflation (avec un prix du baril de pétrole moyen à 40 $) reste bien faible comparé aux 15,6% atteint en 2011, lorsque le prix du baril de brut était de 86 $.

Comme beaucoup d’investisseurs institutionnels, Aberdeen continue donc de suivre la situation au Nigéria qui, bien qu’officiellement en situation de récession, reste la première économie d’Afrique, devant l’Egypte, l’Afrique du sud et l’Ethiopie, trois pays qui n’échappent pas non plus à la nouvelle crise économico-financière, qui traverse l’Afrique de parts en parts.

 

 

Idriss Linge – Agence Ecofin

 

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