En Afrique du Sud, l’Eskom a affirmé, qu’après les phases 4 et 5 du programme national d’énergies renouvelables, elle ne signerait plus aucun contrat de rachat d’électricité avant des discussions avec le gouvernement. La compagnie sud-africaine, en charge de la fourniture de l’électricité, désire en effet discuter, avec le ministère de l’énergie, des implications et des éventuels risques encourus par la compagnie, en raison de la conclusion de ces accords.

« Nous n’allons pas nous passer des producteurs indépendants d’énergie parce que nous avons maintenant une fourniture électrique stable. Nous avons averti que nous signerions tous les accords entrant dans le cadre des phases 4 et 5 du projet d’acquisition d’énergies renouvelables (REIPPPP). Seuls les projets subséquents feront l’objet de cette discussion.», a affirmé Khulu Phasiwe, le porte-parole de l’Eskom. M. Phasiwe a également averti que seuls les projets dont les contrats ont été signés entre l’Etat et les producteurs indépendants d’énergie pourraient faire l’objet d’un contrat de rachat d’électricité, ce qui exclut plusieurs centrales à charbon d’une capacité d’environ 2 500 MW.

Se prononçant sur le sujet, Lynne Brown, la ministre des entreprises publiques, a affirmé que, selon les prévisions gouvernementales, la fourniture d’électricité devrait connaitre une baisse de 6 à 8 GW au cours de la prochaine décennie. Cela sera induit par le vieillissement de plusieurs centrales qui seront démantelées ou dont la production sera revue à la baisse. De nouvelles capacités devraient, selon elle, être ajoutées en prévision de ces événements.

Elle est rejointe dans son analyse par Johan Van Den Berg, le président de l’Association sud-africaine de l’énergie éolienne qui avait confié à l’Agence Ecofin : « Le système ne se porte pas aussi bien qu’il y paraît. En effet, le pays est en proie à une récession d’environ 9% qui a abouti à une baisse des activités du secteur économique. Cela a donné l’illusion, lorsque les capacités ont été augmentées, grâce aux énergies renouvelables notamment, que nous générions assez d’énergie pour tout le monde. Cependant, les tendances suggèrent que nous ne sommes pas encore arrivés au niveau plancher».

L’Association sud-africaine des producteurs indépendants d’énergie a, pour sa part, déclaré que cette annonce n’était pas une surprise. Cependant, elle est déçue par la manière dont la décision a été rendue publique.

Depuis son lancement en 2011, le REIPPPP a généré 13,7 milliards $ et permis la production de plus 2 145 MW. Cette annonce intervient, quelques mois après que Brian Molefe, le directeur de l’Eskom s’est dit déçu par les énergies renouvelables.

 

 

Gwladys Johnson

 

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