C’est fait : Rabat coupe les ponts avec Bruxelles. Le Maroc a en effet annoncé, hier, la suspension de tous ses contacts avec les institutions européennes. L’annulation de l’accord agricole signé entre les deux parties est à l’origine de cette décision de Rabat.

En effet, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a décidé, en décembre dernier, de suspendre cet accord sous le motif qu’il incluait le Sahara occidental.

Suite à une plainte du front Polisario (Front populaire de Libération de la Saguia el Hamra et du Rio de Oro), un mouvement qui affiche des revendications sur ce territoire, ancienne colonie espagnole tombée dans le giron du royaume, la cour avait estimé que «Le Conseil de l’Union européenne n’a pas vérifié si l’exploitation des ressources naturelles du Sahara sous contrôle marocain se faisait ou non au profit de la population de ce territoire».

Cette décision a été aussitôt contestée par Rabat qui en dénonce encore aujourd’hui «le caractère hautement politique et contraire au droit international». Le royaume avait alors menacé de revoir ses relations avec les 28 si rien n’était fait. Si l’UE a essayé de rassurer son partenaire par la voix de divers responsable comme Federica Mogherini, haute représentante aux affaires étrangères et à la Politique de sécurité de l’union qui avait affirmé que «Rabat et Bruxelles ont un partenariat vaste, solide et ancré dans le cadre du statut avancé dont bénéficie le Royaume», cela n’aura pas suffi.

Pour Bruxelles, cette suspension des relations avec le Maroc tombe à un moment critique où le vieux continent, aux prises avec le démon du terrorisme international, veut pouvoir compter sur l’allié chérifien pour contrer la montée en puissance du mal.

 

 

Aaron Akinocho – Agence Ecofin

 

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