Le ministre camerounais des Finances, Alamine Ousmane Mey (photo), a rendu public le 14 septembre 2016, un communiqué annonçant la fin officielle du régime de l’administration provisoire à la Commercial Bank of Cameroon (CBC). Ainsi en ont décidé (depuis le 9 septembre dernier) les autorités de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), le gendarme de ce secteur dans la zone Cemac, souligne le Ministre Ousmane Mey.

Cette levée du régime de l’administration provisoire ouvre la voie à la prise de fonction du nouveau Directeur général de cette institution bancaire, Léandre Djummo en l’occurrence, désigné à ce poste le 6 mai 2016. C’était au sortir d’une session du conseil d’administration de la CBC, qui a également plébiscité Jean Elisé Gouater pour le poste de DGA.

Dans le même temps, le Conseil d’administration de la CBC sera désormais présidé par Alfred Tiki, ancien administrateur provisoire d’Amity Bank. Cette autre banque camerounaise en difficultés a finalement été reprise par le groupe ivoirien Banque Atlantique, malgré une décision de la Cour commune de justice de la Cemac dénonçant cette transaction avec le gouvernement camerounais.

La restauration des organes sociaux de la CBC, dont les nouveaux dirigeants viennent d’être agréés par la Cobac, met fin à une administration provisoire qui aura duré 7 ans. Cette période a d’ailleurs été ponctuée par une plainte encore en cours contre le premier administrateur provisoire, Martin Luther Njanga Njoh, accusé de détournements de fonds et d’avoir perçu des salaires et des avantages jugés faramineux ou alors indus. La restructuration de cet établissement de crédit, déclenchée le 28 janvier 2013 pour une période de six mois, a quant à elle été prorogée à six reprises.

Pour rappel, la banque créée par le milliardaire camerounais, Victor Fotso, avait été placée sous administration provisoire en 2009, au terme d’un contrôle de la Cobac. Le gendarme du secteur bancaire dans la zone Cemac avait décelé des écarts dans la gestion de cet établissement de crédit, notamment la dilapidation des fonds propres, imputée à Yves Michel Fotso, fils de l’actionnaire majoritaire.

En avril 2014, au bout de deux tours de tables boudés par ses actionnaires historiques, qui ont toujours dénoncé «une tentative d’expropriation», la CBC a été recapitalisée à hauteur de 12 milliards de francs Cfa, dont près de 10 milliards de francs Cfa injectés par l’Etat du Cameroun, qui contrôle désormais 98% des actifs de cette ancienne banque privée.

Brice R. Mbodiam – Agence Ecofin

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