Les investisseurs du Johannesburg Stock Exchange semblent avoir un appétit croissant pour les titres de l’opérateur minier Anglo American (Anglo), alors que les analystes se sont jusqu’ici montrés réservés sur ses chances de réussite. Entre le 24 janvier 2016 lorsqu’elle a atteint son niveau le plus bas (54 rands) de l’année en cours, et ce lundi 22 février lorsqu’elle a débuté la matinée sur une hausse de 4,5% à 100,38 rands, la valeur de l’action Anglo a progressé de 46%.

 

Dans le même temps, on a pu observer que le volume des ordres d’achat reprend progressivement du terrain sur les ordres de vente. Cette remontée des cours de l’action du géant minier intervient dans un contexte plutôt chargé de positions pessimistes. Le consensus des analystes recommande le titre à la vente sur le JSE et les trois grandes agences de notation, Fitch Rating, Moody’s et récemment Standard & Poors, ont revu à la baisse leur notation.

 

Dans sa dernière note de dégradation, Standard & Poors explique que les mesures de restructuration proposées par Anglo American, reposent trop sur la cession d’actifs. Une stratégie risquée, selon elle, car incertaine quant à sa réussite. Les analystes de l’agence font aussi remarquer que ces futures cessions, portent sur des actifs dont les prix peuvent encore baisser, d’une part, et d’autre part, que la plupart des miniers sont dans la même logique, ce qui crée une sur-offre d’actifs miniers sur le marché.

 

Anglo Americain a justement pris un grand couteau et s’est donnée pour objectif d’effectuer de grandes tailles dans ses opérations, pour se concentrer sur ses cœurs de métier, et surtout dans des segments orientés vers la grande consommation (qui ont plus rapporté en 2015). L’objectif est simple, réduire ses actifs, la taille de son personnel et le poids de sa dette. Pour ce qui est du dernier cas, l’opérateur a déjà débuté, en annonçant le rachat de 1,3 milliard de dette en devise étrangères.

 

Mais la croissance de son action sur le JSE suggère quelques hypothèses. Dans le secteur minier, il se dit que des fonds alternatifs d’accumulation sont en train de se repositionner dans un secteur dont l’âge d’or des années 2011 est certes dépassée, mais où les fondamentaux n’ont pas complètement disparu. Ramené à Anglo American, on peut constater qu’elle continue d’avoir ses gros investisseurs, notamment Blackrock, Deutsche Bank AG, Coronation Asset Management (Pty) Ltd, Public Investment Corporation et Goldman Sachs Group.

 

Sur le plan financier, l’entreprise doit donner des informations définitives sur la distribution de dividende à l’issue de sa prochaine assemblée générale (avril 2016), mais sur les données actuelles, le rendement de dividende est de 4,3%. Par ailleurs le groupe semble avoir plutôt bien résisté aux vents contraires, car le rendement sur le capital affiche actuellement une baisse de 27,4% contre un repli moyen de 47%  pour les prix des matières premières minières.

 

 

Idriss Linge – Agence Ecofin

 

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