La République du Congo sollicitera l’épargne publique de la Communauté Economique et Monétaire d’Afrique Centrale (CEMAC) pour la mobilisation de 150 milliards de FCFA (246,14 millions $).

L’information qui circulait parmi les acteurs des placements financiers au Cameroun, a été confirmée par Pascal Houangni Ambouroue, ancien DG de la Bourse des Valeurs Mobilières d’Afrique Centrale (BVMAC), aujourd’hui ministre délégué au Gabon, dans un court commentaire sur la chaine Africa 24.

Selon des sources proches du processus, la période de souscription devrait courir du 12 au 22 décembre 2016. L’emprunt en devise locale (CFA), assorti d’une maturité de 5 ans et d’un taux d’intérêt de 6,5% sera effectué sur la BVMAC.

La filiale camerounaise d’EDC Corporation, branche investissements du groupe panafricain Ecobank, est arrangeur chef de file. On cite, dans le syndicat de placement, Attijari Securities Central Africa basée au Cameroun, LCB Capital, la branche investissements de La Congolaise des Banques, filiale du groupe BMCE Bank of Africa, et Financia Capital de Yanic Nana, un ancien de BMCE Capital.

La note d’information de l’opération n’est pas encore disponible au niveau du grand public, mais déjà des négociations ont débuté avec certains investisseurs clés pour la réalisation des prises fermes. Selon des personnes proches du processus, les discussions sont très difficiles sur le terrain camerounais. Les investisseurs y ont reçu cette année trois emprunts, dont les 150 milliards de FCFA du Cameroun, les 98 milliards de FCFA du Gabon et les 69 milliards de FCFA de la Société nationale camerounaise de raffinage. Il ne semble pas évident, de ce point de vue, de s’engager de nouveau à hauteur de 150 milliards de FCFA.

L’optimisme reste cependant de mise quant à la réussite de l’opération. « La liquidité des assureurs, notamment ceux qui font dans le segment vie, est assez importante, et même si les intérêts des emprunts effectués sur la BVMAC sont imposables au Cameroun, le taux à 6,5% donne une marge intéressante et dès l’ouverture effective des souscriptions on pourra voir plusieurs engagements se manifester », a expliqué à l’Agence Ecofin, un acteur proche du processus et ayant requis l’anonymat.

Le Congo devra avoir de sérieux arguments pour convaincre. Même si le Franc CFA reste une devise stable vis-à-vis de l’euro, il n’a pas plus de chance que son voisin le Cameroun (noté B sur le long et le court terme avec perspectives stables par S&P), de voir arriver des investisseurs étrangers sur son emprunt en devise locale. Il y a déjà l’inquiétude que soulève le respect de ses engagements sur le marché international.

Le 30 juin 2016 dernier, la République du Congo n’a pas honoré son engagement à payer les intérêts et le principal sur son obligation de 478 millions $ qui arrive à maturité en 2029, contractée dans le cadre de la restructuration des obligations dues, au Club de Londres, en 2007. Le pays avait justifié cette situation comme relevant d’une erreur technique et arrangé la situation. S&P a depuis lors sorti son profil émetteur de la zone de quasi-défaut, mais sur le marché international, la confiance des investisseurs tarde à revenir.

L’obligation souveraine de référence du pays d’un taux de 4% et arrivant à maturité en juin 2029, se négociait au 2 décembre à seulement 66% de sa valeur d’émission. C’est juste 2 points au-dessus de celle du Mozambique et une performance plus faible que la moyenne de 92% pour l’ensemble des obligations souveraines africaines. Le rendement désormais attendu des investisseurs sur cette obligation, est de 14,9%, soit un écart positif de 1309 points de base sur le taux initial.

Idriss Linge

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