La fuite des capitaux en provenance du continent africain se chiffre à plus de 50 milliards USD par an, selon une récente étude menée sur un mandat de l’ONU. Ces pertes sont d’autant plus regrettables que l’Afrique souffre toujours, selon l’ex-président sud-africain Thabo Mbeki, d’une insuffisance critique de ressources pour son développement.

 

Le continent africain perd plus de 50 milliards USD chaque année dans la fuite de capitaux, soit des montants qui dépassent ce que reçoit l’Afrique pour l’aide au développement. Telle est la conclusion d’une étude menée sur mandat de l’Organisation des Nations Unies, publiée début février 2015.

Des entreprises ou des membres des gouvernements font sortir illicitement ces milliards de leur pays, pour les déposer dans des paradis fiscaux.

 

De la valise de billets à la société offshore

Cet argent est sorti en douce de plusieurs manières. Parfois par des méthodes aussi rudimentaire qu’un simple transport de valises remplies d’argent liquide.

 

Mais le commerce international est aussi un outil de transfert illicite couramment utilisé, comme l’a expliqué à la RTS l’économiste Alexandre Kateb: «  Un des schémas les plus classiques est de surfacturer des importations, en passant par exemple par une société offshore de trading, basée par exemple en Suisse On s’aperçoit ensuite que cette société appartient à un des dignitaires du régime ou membre au pouvoir.

 

Une insuffisance critique de ressource

Ce problème n’est bien sûr pas spécifique à l’Afrique. Mais il y est particulièrement grave parce que la cinquantaine de pays du continent n’ont guère les moyens de lutter contre ces sorties illégales de capitaux faute de transparence, d’organisation étatique et de collaborations fiscales. pour Guy Gweth, conseil en intelligence économique et fondateur de Knowds Consulting Group, L’Afrique dispose d’experts pointus, expérimentés et reconnus sur la question. S’ ils ne sont pas consultés par les États du continent, c’est parce que plusieurs donneurs d’ordre ont beaucoup à se reprocher. Mr Guy Gweth pense que la création d’un dispositif de renseignement criminel indépendant aux plans politique et financier pourrait aider à traiter efficacement cette question au niveau du continent africain.

 

 

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