La chute éclair de la livre sterling qui a eu lieu dans la nuit du jeudi au vendredi dernier, vient de rogner l’essentiel des marges bénéficiaires qu’auraient dû réaliser les petits actionnaires de SABMiller dans la fusion de la compagnie avec le Belgo-brésilien Anheuser-Busch InBev (AB InBev).

Le Flash Crash comme l’ont surnommé les medias Anglophones, a en effet fait baisser la valeur du pound de 6%, l’amenant à 1,13$. Le taux de change de la monnaie britannique était, vendredi dernier, inférieur de 18% à son niveau de novembre 2015, au moment où AB InBev annonçait une offre de 44 livres par action de SABMiller. A cette date, l’offre représentait une plus-value de 22%, par rapport au prix de l’action. Tandis qu’une livre valait 22 rands, l’offre du brasseur belgo-brésilien évaluait le titre SABMiller à 968 rands, à la Johannesburg Stock Exchange (JSE). L’action tutoiera même les 980 rands en mai.

Puis viendra le mois de juin et le Brexit, la décision du Royaume-Uni de sortir de l’Union européenne (UE). La livre partira en vrille, avant de se stabiliser en août. Avec le Flash crash, l’action de SABMiller se négocie à 778 rands, un niveau sensiblement équivalent à celui d’avant l’offre de fusion d’AB InBev (750 rands).

Principales victimes de cette situation, les actionnaires locaux du brasseur sud-africain, puisque les britanniques ne détiennent que 24,7% du capital de la compagnie. Ces petits investisseurs qui seront payés, ce lundi, au taux de change livre/rand en vigueur aujourd’hui ont ainsi vu fondre le bénéfice qu’ils auraient dû retirer de l’opération. Selon l’un d’eux, le Parti conservateur aurait tenu sa conférence d’octobre, deux semaines plus tôt, que les actionnaires n’auraient peut-être pas approuvé la transaction.

Mais ces petits actionnaires ne sont pas les seuls perdants de l’opération puisque AB InBev a voulu se protéger d’un éventuel renforcement de la livre sterling, en novembre dernier. Aussi, a-t-il couvert son investissement de 100 milliards $, en s’assurant un taux de change de 1,52$ par livre sterling. Le vendredi dernier, le pound se négociait à 1,24 $, ce qui contraindra la compagnie à payer 28% de plus que la valeur actuelle de chaque pound. Le supplément à payer est évalué par BD Live à 13 milliards $.

Grands gagnants de l’opération, les principaux actionnaires de SABMiller, à savoir Altria et Bevco, échangeront leurs parts (soit 41% environ des actions du brasseur sud-africain pour ces deux compagnies) contre des actions AB InBev. Cette transaction limite leur exposition aux fluctuations de la livre sterling.

Suspendu, le temps de finaliser l’opération, le titre AB InBev se négociera sur la JSE dès demain.

Aaron Akinocho

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