Les sociétés cotées sur le Ghana Stock Exchange sont actuellement doublement pénalisées par le marché obligataire local. D’une part, elles redoutent à le solliciter parce que les taux qui y sont servis ont atteint les niveaux très élevés. D’un autre côté, du fait des rendements élevés proposés par les obligations du trésor ghanéen, les investisseurs ont peu d’engouement pour les actions des entreprises, aux retours sur investissement désormais incertains.

 

Plusieurs de ces sociétés effectuent des cessions d’actions depuis quelques semaines, afin de mobiliser des ressources financières. Guiness Ghana Breweries Ltd et Ghana Oil, ont ensemble déjà mobilisé 353 millions de cedis ghanéens (90 millions $) dans le cadre d’ouvertures de capital. UT Bank et la filiale locale du groupe Société Générale s’apprêtent à mobiliser 241 millions de cédis.

 

C’est la plus importante mobilisation des ressources sur le marché secondaire depuis le lancement du GSE en 1990. Elle s’effectue dans un contexte difficile pour ces entreprises ghanéenne, forcées de choisir entre céder des actions à des prix les plus bas des trois dernières années, ou emprunter à des taux qui ont atteint les niveaux les plus hauts depuis les 13 dernières années.

 

Face à une lourde dépréciation de la monnaie locale, la banque centrale du Ghana a réajusté à la hausse ses taux d’intervention, les portants à 26%. Cela a eu pour conséquence de faire monter les taux servis par les banques, accentuant la pression sur les coûts financiers, et poussant les entreprises à rechercher des financements moins chers.

 

Par ailleurs, les fonds mobilisés ne serviront pas qu’à la réalisation des investissements. Selon la note d’information qu’elle a publiée, Guinness Ghana compte utiliser le produit de son ouverture de capital pour refinancer une partie de la dette due à sa maison mère Diageo et d’autres dettes internationales. Pour sa part, Ghana Oil souhaite réduire son gearing (le ratio de sa dette nette sur ses capitaux propres) de 81% à 61%. En d’autres termes, elle veut réduire ses charges financières et se donner  plus de marge.

 

UT Bank n’a pas plus de choix que les autres. Elle souhaite lever 200 millions de cédis. L’argent servira à restructurer et financer la partie de son passif la plus coûteuse. Au total, elle déclare avoir 400 millions de cédis de dette et un ratio d’adéquation des fonds propres un tout petit peu en dessous des 10% requis par la réglementation bancaire au Ghana.

 

 

Idriss Linge – Agence Ecofin

 

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