Dans un contexte international favorisé par le repli des rendements des obligations du gouvernement américain, l’Afrique du Sud est parvenue à mobiliser 1,25 milliard $ sur le marché international de la dette, avec une maturité de 10 ans, et un taux de 3,35% au-dessus de celui offert par les obligations américaines (1,7% au 6 avril 2016).

 

Une performance plutôt positive pour un pays qui traverse des défis économiques importants depuis 2015, avec le repli des prix des ressources minières qui ont impacté sur les emplois et donc les revenus des ménages, les déficits énergétiques qui plombent les coûts de production et donc la compétitivité, la hausse du dollar sur la monnaie locale et une sécheresse qui a menacé la production agricole, en même temps que l’instabilité financière des banques qui supportent ce secteur.

 

Plusieurs institutionnels américains ont été souscripteurs de cette offre qui avait pour chefs de file le groupe américain Citigroup, et les groupes sud-africains Stancard Bank et Rand Merchant Bank. L’argent ainsi collecté permettra à l’Afrique du Sud de financer son déficit budgétaire qui était de 3,9% au terme de l’exercice 2015 s’achevant le 31 mars 2016, contre 3,6% une année auparavant.

 

L’Afrique du Sud a ainsi ouvert le bal des obligations internationales émises par les pays africains en 2016. Des responsables kényans et ghanéens sont en tournée pour rencontrer des investisseurs en Europe, sans qu’aucune opération ne soit annoncée à l’horizon. L’arrivée ou non de nouveaux pays africains sur ce marché dépendra de l’évolution des taux américains.

 

S’ils restent bas, les investisseurs se montreront intéressés par des placements à hauts rendements, dont ceux de l’Afrique. Dans le cas contraire, les obligations souveraines africaines vont de nouveaux atteindre des pics de taux d’intérêts, rendant difficile l’accès au marché. Les entreprises du continent, notamment sud-africaines, semblent ne pas avoir cette contrainte. Au 31 mars 2016, les emprunts internationaux de ces entreprises atteignaient 6 milliards $.

 

 

Idriss Linge – Agence Ecofin

 

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