Les difficultés de l’industrie du charbon se poursuivent et s’accroissent.

La Chine se prépare à ordonner la suspension des autorisations de mise en place de projets de charbon dans 29 de ses 31 provinces continentales. Selon l’ONG Greenpeace, plus de 90% des projets en cours d’autorisation, sont concernées par la mesure. Elle rejoint ainsi l’étude publiée par le think tank britannique Energy and Climate Intelligence Unit, selon laquelle seulement 500 projets de centrales à charbon en moyenne sur les 1 824 prévus en Chine, en Inde, en Indonésie et au Vietnam verront effectivement le jour.

 


L’empire du milieu a également suspendu les autorisations relatives à l’ouverture de nouvelles mines de charbon et, ce, jusqu’en 2019. Il a en outre prévu de fermer 1 000 mines actives pour réduire la surcapacité qui prévaut dans le secteur. La Chine qui consomme, en effet, plus de la moitié de la production mondiale de charbon, a connu, en 2014, une baisse de cette consommation qui s’est accentuée au cours de l’année 2015.

 

De l’autre côté de l’océan Pacifique, Peabody, la plus importante entreprise américaine du charbon a  fait faillite, devenant ainsi le 50ème charbonnier, mais également le plus grand, à être mis sous la protection de la loi sur les faillites dans le pays.

 

L’entreprise, vieille de 133 ans a, malgré ses dettes s’élevant à plus de 6,3 milliards $ en 2015, continué à affirmer la rentabilité de ses investissements qu’elle a, d’ailleurs, poursuivis. « Il y a quelques années, Peabody Energy avait affirmé à ses investisseurs que la demande en charbon allait augmenter et, aujourd’hui, elle est en faillite. Cela vient encore nous rappeler que les investisseurs ne doivent plus accepter les demandes faites par les industries des énergies fossiles. Bien que la transition énergétique soit en marche, ces industries continuent de prévoir un marché en croissance. La disparition de Peabody Energy est le plus significatif signal du fait que l’industrie du charbon est au bord d’un déclin structurel.», a commenté Luke Sussams, analyste à Carbon Tracker, un think tank qui a pour principal objectif de prévenir contre les investissements dans les énergies fossiles.

 

« La faillite de Peabody prouve que les risques liés aux investissements dans les combustibles fossiles ne sont pas abstraits. Mais l’industrie fossile ne doit pas tout emporter sur son passage. Désinvestir n’est, à cet égard, pas seulement un impératif climatique. Il est de la responsabilité des investisseurs d’anticiper ces risques pour ne pas les subir et, mieux, accompagner la transition vers des sociétés justes et durables.», a affirmé Nicolas Haeringer, le chargé de campagne de 350.org, une organisation qui œuvre en faveur d’une transition vers une économie plus respectueuse de l’environnement.

 

La chute de ce géant porte à 45%, la part de la production américaine de charbon concentrée par les entreprises ayant fait faillite.

 

 

Gwladys Johnson

 

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