Au fil des ans, le fondateur de Knowdys est devenu l’un des prescripteurs les plus écoutés du continent. Sur ses conseils, les entreprises décident de s’implanter dans un pays plutôt qu’un autre. « Lorsque je mets la Côte d’Ivoire en balance avec un pays d’Afrique centrale, explique Guy Gweth, 3/4 des clients votent pour le premier. C’est fou de voir comment ce pays est devenu sexy dans les mains de Ouattara ».

Arrivé au pouvoir dans les conditions troubles, Alassane Ouattara a remporté son second mandat dès le premier tour de la présidentielle du 25 octobre 2015 avec 83,66% des voix. Le chef de l’État sortant a devancé Pascal Affi N’Guessan, le représentant du Front Populaire Ivoirien (FPI) de l’ex-président Laurent Gbagbo crédité seulement de 9,29% des suffrages exprimés. Il sera intéressant, pour les analystes, d’observer comment Ouattara va traiter les épineuses questions de l’impunité, de l’exclusion politique et des droits économiques des femmes.

S’il est à peu près certain que le président Ouattara ne deviendra pas pour autant populaire en Afrique, force est de constater qu’il fait les affaires des investisseurs internationaux intéressés par les marchés africains. Car qu’on l’aime ou pas, le chef de l’État ivoirien donne des gages d’attractivité, de stabilité et de rentabilité à ceux qui s’engagent à investir en Côte d’Ivoire. Outre l’amélioration du climat des affaires, la modernisation des infrastructures portuaires, routières et énergétiques, il contribue à la diversification tant attendue de l’économie locale.

Selon Guy Gweth, consultant en intelligence économique et fondateur de Knowdys Consulting Group, « l’économie ivoirienne est encore trop dépendante de l’évolution des cours de ses deux principaux produits d’exportation : le cacao et le pétrole. De plus, ajoute-t-il, la gestion des finances publiques n’est pas encore optimale, malgré les efforts entrepris au cours des trois dernières années. Le président réélu a du pain sur la planche et peut compter sur le soutien des investisseurs et bailleurs de fonds internationaux dont il maîtrise parfaitement les procédés. »

La croissance économique ivoirienne est restée forte en 2014 à 8,3%. Ce taux devrait se stabiliser en 2015 malgré la chute des cours du brut. Elle est, en effet portée, par la consommation domestique et par la demande extérieure qui continue de tirer les exportations des produits de base. L’attractivité n’est pas en reste, comme le précise Guy Gweth, également président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Économique. « Lorsque je mets la Côte d’Ivoire en balance avec un pays d’Afrique centrale, explique-t-il, 3/4 des clients votent pour le premier. C’est fou de voir comment ce pays est devenu sexy dans les mains de Ouattara ».

Reste à travailler la cohésion sociale, gage de paix durable, qui rassurera davantage les investisseurs internationaux que la Côte d’Ivoire est définitivement de retour sur la scène.

La Rédaction d’Africa Diligence

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