Les investissements directs étrangers (IDE) en direction de l’Afrique se sont repliés de 31% en 2015, pour atteindre un montant estimé de seulement 38 milliards $, a appris l’Agence Ecofin d’une synthèse sur l’évolution des investissements dans le monde, publiée le 20 janvier 2016 par la Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement (CNUCED).

 

Malgré une performance positive de l’Egypte qui a attiré près de 6,7 milliards $ en 2015, améliorant les performances du Maghreb, les autres régions africaines ont connu un recul des IDE. L’Afrique du sud a perdu 74% sur l’année 2014, avec seulement 1,5 milliard $ captés en 2015. Le Nigéria qui fait face à des prix du pétrole bas, a perdu 27% à 3,4 milliards $ et le Mozambique, malgré un repli de 21% a quand même pu capter pour 3,8 milliards $ d’investissements directs étrangers.

 

Cette contre-performance de l’Afrique rame à contre-courant de la tendance mondiale qui sur la période de référence, a connu un rebond de 36% sur le volume global des investissements directs étrangers, à 1,6 trillion $. Les pays occidentaux, notamment les USA, ont retrouvé les bonnes grâces des investisseurs internationaux.

 

Précisons toutefois que dans ces investissements, les fusions-acquisitions (643,7 milliards $) ont connu la plus forte progression (+61,4%), tandis que les investissements sur de nouveaux projets, toujours plus important en volume (720,7 milliards $), n’ont que modestement progressé de 0,9%. Ce nouvel indicateur vient confirmer l’hypothèse d’une Afrique de toutes les opportunités en perte de vitesse.

 

Les bourses africaines, elles aussi, ont souffert du départ des investisseurs étrangers, inquiétés par de faibles rendements, de surcroit ponctionnés par un dollar plus fort. Pour les fonds boursiers investissant en Afrique, et suivis chaque semaine par l’Agence Ecofin, ces rendements affichent un chiffre négatif depuis le début de l’année 2016, faisant peser un risque de nouveaux désinvestissements.

 

Le FMI a déjà prédit pour 2016 une croissance mondiale en repli, avec un transfert des risques des pays développés vers les pays émergents et en développement, dont l’Afrique

 

 

Idriss Linge – Agence Ecofin

 

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