55% des entreprises marocaines perçoivent une stagnation de leurs activités et 28 % évoquent une détérioration du climat des affaires, selon une enquête publiée le 20 septembre par l’assureur-crédit Coface. Sur un échantillon de 208 entreprises interrogées, 39 % seulement anticipent une évolution favorable de la conjoncture économique, selon cette enquête intitulée «Le comportement de paiement des entreprises au Maroc».

Coface alerte, d’autre part, sur un ralentissement de l’économie marocaine. Elle table sur une croissance économique de 2% contre plus de 4% en 2015, en raison d’une mauvaise saison agricole due à de mauvaises conditions météorologiques.

La compagnie française d’assurance-crédit met aussi en garde contre les retards de paiements, dont sont de plus en plus victimes les entreprises marocaines. En 2016, 24% des entreprises interrogées ont enregistré un délai compris entre 30 et 60 jours entre la date d’émission de la facture et la date d’encaissement contre 30% en 2015.

Le nombre d’entreprises qui observent des délais de paiement supérieurs à 90 jours est également en augmentation, en particulier pour les entreprises dont le client final est le secteur public.

Les délais de paiement moyens varient en fonction du secteur d’activité des entreprises. Alors que la distribution et le BTP se caractérisent par des délais de paiement excédant 90 jours (plus de 57% pour le négoce et la distribution et 55% pour la construction et le BTP), d’autres secteurs tels que les services aux entreprises et l’agroalimentaire présentent des délais de paiement inférieurs à 90 jours, voire à 60 jours pour l’agroalimentaire. Le BTP compte parmi les secteurs dont l’évolution des délais de paiement entre 2015 et 2016 est la plus marquée, ce qui a pour conséquence d’affecter la trésorerie des entreprises de cette branche. Le secteur du commerce et de la distribution souffre également d’une dégradation des délais de paiement avec une hausse de plus des 23 % des entreprises déclarant plus de 120 jours de délai moyen.

Coface conclut que malgré la résilience de l’économie hors agriculture, les retards de paiement constituent un frein certain à l’investissement et à l’embauche.

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