Le groupe Vitol, leader mondial du négoce pétrolier, prévoit que les prix de l’or noir demeureront bas au cours des dix prochaines années en raison notamment du ralentissement de l’économie chinoise et de l’essor des hydrocarbures de schiste aux Etats-Unis.

 

«Il est difficile de voir une hausse substantielle des prix du pétrole», a déclaré le directeur général du groupe genevois, Ian Taylor, dans un entretien accordé à l’agence Bloomberg le 8 février.

 

M. Taylor, dont le groupe traite plus de 5,5 millions de barils de produits pétroliers bruts et raffinés par jour, soit un volume suffisant pour couvrir les besoins de l’Allemagne, la France et l’Espagne réunies, a également indiqué que le prix moyen du baril devrait se situer autour de 50 dollars durant la prochaine décennie.  «La fourchette des prix devrait se situer entre 40 et 60 dollars/ baril sur une période allant de cinq à dix ans», a-t-il dit.

 

La limite inférieure de cette fourchette implique une légère remontée des prix de brut qui évoluent actuellement autour de 35 dollars le baril tandis que la limite supérieure correspond au niveau de juillet 2015.

 

Les prévisions du patron du groupe Vitol, dont les points de vue sont suivis de très près dans la sphère de l’industrie pétrolière, signifieraient que pays producteurs de brut et les sociétés pétrolières pourraient faire face à la plus longue période de prix bas depuis le contre-choc pétrolier de 1986-1999, lorsque les prix ont évolué entre 10 et 20  dollars le baril.

 

M. Taylor, qui a commencé sa carrière chez Royal Dutch Shell Plc à la fin des années 1970, a déclaré qu’il ne savait pas si les prix ont déjà touché le fond à l’heure où l’offre continue à dépasser la demande. Il a cependant estimé que les prix pourraient remonter légèrement durant le deuxième semestre 2016, pour atteindre 45 à 50 dollars le baril.

 

Dans un avenir prévisible, le directeur général du groupe Vitol doute de la capacité du marché pétrolier à revenir aux prix à trois chiffres qui avaient boosté les avoirs des fonds souverains des pays du Moyen-Orient et catapulté les valorisations des  majors pétrolières à des niveaux jamais atteints auparavant.  «Il faut croire qu’il y a une possibilité que vous ne verrez pas les prix revenir au-dessus de la barre de 100 dollars», a-t-il noté.

 

Selon lui, les principaux freins à une hausse substantielle des prix sont l’abondance de l’offre, l’amélioration de l’efficacité énergétique, le retour de l’Iran sur le marché pétrolier et la croissance moins vigoureuse des pays émergents.

 

 

Agence Ecofin

 

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