La semaine dernière (8 decembre 2015) Anglo American a annoncé qu’il portait le volume total de ses désinvestissements, précédemment de 3 milliards $, à 4 milliards $. Malgré une hausse de ses volumes de production, le géant minier doit encore faire face à de difficiles conditions sur un marché international marqué par le repli de la demande chinoise et une baisse généralisée des prix.

 

Cette situation difficile pour Anglo American se présente pourtant comme une opportunité pour le marché des capitaux privés, c’est à dire des capitaux qui financent les acquisitions hors bourses. De nombreux experts de la finance s’accordent à dire qu’avec des actifs boursiers qui se sont repliés de près de 70% au cours des deux dernières années, il est désormais difficile pour les opérateurs miniers de lever des fonds via des émissions sur les bourses.

 

Les difficultés pour Lonmin à mobiliser la totalité des 400 millions $ dans le cadre d’une augmentation de capital destinée à ses actionnaires, illustre bien cette situation. Le troisième producteur de platine au monde a dû recourir aux placements privés pour essayer de rattraper les 30% de nouvelles actions émises et non souscrites par ses actionnaires.

 

Dans cette hypothèse forte, où il faudra faire recours aux placements privés, les potentiels repreneurs auront besoin de minimiser leurs propres risques, en mobilisant des ressources, sous la forme d’augmentation de capital ou de contraction de dette. Rien que sur les désinvestissements d’Anglo Américan, cela fera un marché de 4 milliards $ et il n’est pas exclu, selon des experts de JP Morgan ECM, que le secteur offre d’autres opportunités.

 

Mais avant d’y arriver, il faudrait déjà que les actifs miniers trouvent preneurs, surtout ceux situés en Afrique. La région subit de plein fouet la conjoncture internationale. Tout le monde parle encore de son potentiel mais la plupart des investisseurs se montrent conservateurs.

 

 

Source : Idriss Linge – Agence Ecofin

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