Dans son rapport publié le 5 aout 2016, l’agence de notation américaine Moody’s a attribué au Cameroun la note B2, pour ses obligations en monnaie locale et en devises étrangères. Il s’agit de la première notation souveraine du Cameroun. Elle émane de l’initiative de l’agence elle-même et non des autorités camerounaises.

 

La note B2 est synonyme de perspective de stabilité et de rentabilité. Cette notation correspond à la catégorie des obligations dites « hautement spéculatives ». Pour l’attribuer, l’agence new-yorkaise a pris en considération les défis liés à la chute des prix du pétrole et les perspectives de développement du pays, en l’occurrence les grands projets en cours.

 

Même si le Cameroun n’est qu’un petit producteur d’or noir, (50 % des exportations et 23% des recettes fiscales selon les estimations de Moody’s), la dégringolade des prix du pétrole constitue un véritable challenge pour le pays, indique le rapport. Il souligne également un endettement du secteur public qui devrait atteindre 34,3% du PIB en 2017, contre 22,3% en 2014 en raison des investissements prévus par le gouvernement.

 

Cependant, les facteurs tels que la hausse attendue des cours du pétrole, une croissance plus forte que prévu, les grands projets d’infrastructures, l’impact de l’emprunt obligataire de 750 millions $, peuvent entrainer une révision à la hausse de la notation du Cameroun et booster la croissance en 2017, précise Moody’s.

 

A contrario, la détérioration des termes de l’échange, l’endettement ou encore la dégradation de la situation sécuritaire (le Cameroun est menacé par le groupe terroriste Boko Haram) pourraient entrainer une baisse de la note du pays.

 

 

Alain Okpeitcha – Agence Ecofin

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