L’information évoquée il y a un mois par Reuters, a été confirmée pour la première fois par la ministre nigériane des finances. La première économie d’Afrique par le PIB envisage d’avoir recours à des obligations Panda (émises et souscrites dans la monnaie chinoise, le Yuan Renminbi), pour financer son déficit budgétaire.

 

« Il y a une opportunité aujourd’hui avec l’introduction du Yuan Renminbi dans le panier des devises (du FMI ndlr). Evidement nous sommes à la recherche d’un financement peu coûteux pour soutenir notre déficit budgétaire. Il y a donc des possibilités pour que nous émettions des obligations Panda. Mais c’est juste une option que nous avons explorée, rien n’a encore été décidé », a fait savoir Kemi Adeosun face à la presse samedi 9 avril 2016, à la sortie d’un déjeuner avec le secteur privé.

 

Le gouvernement nigérian a expliqué qu’il emprunterait l’équivalent de 5 milliards $ pour combler son déficit et faire face aux besoins urgents en infrastructures, notamment dans les domaines des transports et de l’énergie. Mais il y a deux mois, les obligations souveraines africaines avaient atteint des taux très élevés, à l’image de l’emprunt de référence du Cameroun effectué à un taux record de 9,75% sur 10 ans en novembre 2015, et qui a vu son taux progresser pour atteindre les 13,4% le 12 février 2016 avant de rechuter à 10,25% le 8 avril dernier.

 

La chose semble désormais quasi-certaine et pourrait faire partie des discussions, et même d’un accord à l’occasion de la visite de travail en Chine du président nigérian Muhamadu Buhari. Ce dernier a quitté le pays dimanche 10 avril 2016, sans avoir signé le budget. Par ailleurs, selon certaines personnes proches des milieux économiques au Nigéria et qui ont été questionnées sur le sujet, la ministre Adeosun aurait fait partie, il y a un mois, d’une mission avancée en charge de la préparation de cette visite présidentielle.

 

Mais le recours à des emprunts chinois est également très critiqué dans le pays. Un des gouverneurs du pays a dit craindre que ce prêt se négocie à des conditions dommageables pour le Nigéria. Un sentiment de méfiance qui est aussi vécu au Kenya, où le service de la dette due à la Chine, représente aujourd’hui une part importante du budget, mais aussi en Angola où certains parlementaires ont souvent questionné l’efficience des appuis chinois.

 

 

Idriss Linge

 

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