Dans un communiqué publié sur son site, l’organisation internationale à but non lucratif Grain dénonce les pressions exercées sur les communautés locales congolaises par Feronia Inc., une entreprise canadienne détenue en majorité par des banques de développement européennes et américaines, en vue de leur faire renoncer à leurs droits fonciers.

 

Selon les termes du communiqué, « ces derniers jours, Feronia Inc.met une pression énorme sur les communautés locales afin qu’elles signent un cahier des charges qui approuverait la poursuite et l’expansion de l’exploitation des plantations de palmiers à huile de l’entreprise au sein de leurs territoires.En dépit de graves pressions et intimidations, les communautés ont rejeté le cahier de charges et font appel au soutien international afin que Feronia respecte cette décision ».

 

Si Grain s’alarme, c’est surtout en soutien à la résistance locale. En effet, déjà le 08 mars 2015, plus de 60 chefs coutumiers et d’autres leaders de communauté du district de Yahuma (où sont situés 90% des plantations de Feronia) s’étaient réunis pour appeler à la résolution de leurs différends de longue date avec Feronia. « Nous exigeons avant tout, le début des négociations pour récupérer nos droits sur les terres qui nous ont été prises illégalement au cours des 104 dernières années. Nous voulons être indemnisés, et ensuite seulement nous pouvons procéder à des discussions sur un protocole d’accord », avaient-ils alors exigé. Des doléances restées lettre morte.

 

Dans son communiqué, Grain estime que « ces institutions financières de développement qui possèdent Feronia ont des lignes directrices que les entreprises dans lesquelles elles investissent doivent suivre pour les négociations d’accès à la terre des communautés. Les efforts actuels pour faire pression sur les communautés de Lokutu afin qu’elles signent un cahier des charges sont en violation de ces lignes directrices. Les institutions de financement du développement devraient donc prendre des mesures immédiates pour forcer Feronia à respecter les droits et les demandes des communautés locales et à cesser de faire pression sur les communautés pour leur faire signer un cahier de charges ».

 

Sont ainsi interpellés la CDC du Royaume Uni, Proparco de l’AFD en France, l’AECID de l’Espagne, l’OPIC des Etats Unis, BIO de la Belgique, La DEG de l’Allemagne, la FMO des Pays Bas et SECO de la Suisse.

 

 

Souha Touré

 

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