La chute des prix des matières pourrait permettre au président congolais Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà de décembre 2016. C’est ce qu’a laissé entendre le chef du gouvernement Augustin Matata Ponyo, le 2 février, en affirmant que la chute des cours des matières premières risque de compromettre le financement des élections à venir, dont la présidentielle.

 

«Si le cours du cuivre tombe à 2600 dollars la tonne et le baril de pétrole à 10 dollars et que toutes les entreprises minières ferment (…) nous n’allons pas financer les élections avec l’argent des ménages», a affirmé M. Matata Ponyo lors d’une conférence de presse. Le chef du gouvernement congolais a également estimé que les prix allaient «descendre davantage» en 2016 du fait de la contraction de la demande chinoise qui va avoir «un impact direct» sur les recettes budgétaires du pays.

 

En RD Congo, un pays d’une superficie de plus de 2,3 millions de km2 et qui compte plus de 77 millions d’habitants, la révision du fichier électoral devrait coûter 1,2 milliard de dollars, selon la commission électorale.

 

Ce pays d’Afrique centrale traverse une crise politique depuis la réélection en 2011 du président Joseph Kabila à l’issue d’élections dont les résultats ont été fortement contestés par l’opposition.

 

Dans ce cadre, Kinshasa avait enregistré au printemps 2015 des émeutes meurtrières suite à la tentative d’adoption d’une nouvelle loi électorale liant la tenue de la présidentielle à un recensement de la population. Sous la pression de la rue, le Parlement avait fini par adopter une nouvelle loi électorale sans la disposition litigieuse, qui avait été considérée par l’opposition comme une manœuvre visant permettre au président Joseph Kabila de rester au pouvoir au-delà de 2016, alors que la Constitution lui interdit de briguer un nouveau mandat. Mais, selon la presse congolaise, plusieurs partis de la majorité présidentielle auraient exprimé récemment leur souhait de réviser la Constitution pour permettre à l’actuel président de se représenter.

 

Joseph Kabila a accédé à la magistrature suprême en 2001 après l’assassinat de l’ancien président, son père, Laurent-Désiré Kabila, au cours de la deuxième guerre du Congo, avant d’être élu en 2006. En 2011, il a été réélu à l’issue d’un scrutin marqué par des fraudes massives, selon l’opposition.

 

 

Agence Ecofin

 

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