Lors d’une émission sur Seneweb, l’ancienne fonctionnaire internationale sénégalaise Yacine Fall a estimé qu’aucun pays, le Sénégal compris, ne peut se développer s’il ne fait de la maîtrise de son foncier une priorité. Les multinationales ne sauraient donc être une option viable pour l’exploitation des terres agricoles.

Selon Mme Fall, les terres sénégalaises font l’objet d’un accaparement sinon illicite du moins fortement nuisible aussi bien pour les populations locales que pour l’économie du pays. Dénonçant un investisseur libanais actif dans la région de Waalo, dans le nord-ouest du pays, elle explique qu’ « il prend des terres des populations, des terres qui ne lui ont même pas été allouées. Et le comble, c’est qu’il ne les utilise pas pour la production, il les vend. Dans le même temps, les jeunes, les femmes, les paysans, qui ne demandent qu’à travailler la terre, en sont privés ».

Quant aux Indiens de Sénégindia, ils ne trouvent pas davantage grâce à ses yeux. « Les Indiens veulent délocaliser un village entier dans la vallée du fleuve pour installer un champ de patates douces à la place », dénonce t-elle. Une indignation d’autant plus grande que les autorités municipales de Diokoul semblent, selon elle, se murer dans un accompagnement complice.

« Aujourd’hui au Sénégal, beaucoup d’investisseurs, beaucoup de multinationales cherchent à accaparer les terres en chassant les populations de leurs parcs fonciers », s’alarme t-elle. Une préoccupation qui devrait nourrir les débats parlementaires sur la réforme foncière en cours au pays de la Téranga.

Souha Touré

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