Lors de son intervention hier, dans le cadre de la COP 21, le roi Mohammed VI a annoncé que le Maroc prenait l’engagement d’atteindre 52% d’énergies renouvelables d’ici 2030. « C’est ainsi que l’objectif de 42 % qui avait été fixé pour la part des énergies renouvelables, dans la réponse à apporter à nos besoins en 2020, a récemment été porté à 52 % à l’horizon 2030. Par son caractère ambitieux et substantiel, la contribution prévue déterminée du Maroc à la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, confirme cette démarche avant-gardiste du Royaume. » a déclaré le roi, confirmant l’intention de son pays de recevoir l’an prochain à Marrakech la COP 22.

 

Fort de cet engagement exemplaire, le souverain marocain s’est permis de rappeler aux pays industrialisés leurs écrasantes responsabilités dans cette situation qui affecte l’ensemble de la planète : « Est-il équitable de plaider pour la frugalité quand on a déjà tout ? Mais quand on a peu, est-ce un crime contre la planète de vouloir plus ? Est-il pertinent de qualifier de “durable” un développement qui laisse dans la pauvreté une majorité d’êtres humains ? Est-il légitime que les prescriptions pour la protection du climat soient dictées par ceux qui sont les premiers responsables du réchauffement de l’atmosphère ? », a-t-il lancé.

 

Déjà le Maroc peut se prévaloir d’une politique audacieuse dans le secteur des énergies renouvelables avec le développement de centrales solaires et éoliennes parmi les plus importantes au monde. Le pays se classe parmi les pays les plus les plus avancés en terme d’action climat. La CNUCED (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement) n’a pas manqué de saluer cette contribution, soulignant que le royaume est classé 1er parmi les pays en développement et 9ème au plan mondial pour la performance de sa politique climatique.

 

Dans ce cadre, selon la ligne tracée par Mounir Majidi, représentant l’actionnaire principal Siger, le holding royal SNI joue un rôle de premier plan en apportant aux grands projets énergétiques des capitaux marocains et en assurant un transfert de technologies via des partenariats de classe internationale.

 

Filiale de la SNI dédiée à l’énergie, Nareva Holding, associée au groupe Engie (ex-GDF Suez), peut déjà se prévaloir de la réalisation du plus grand parc éolien d’Afrique, le parc de Tarfaya, doté de 131 éoliennes pour un investissement total de 450 millions d’euros. Le contrat avait été gagné dans le cadre d’un appel d’offres international.

 

L’an passé, Nareva signait également avec General Electric pour la fourniture de 56 éoliennes destinées à doubler la capacité de son parc d’Akhfennir qui vise ainsi 200 MW. Situé face aux Iles Canaries, dans une région où les alizés offrent aux champs éoliens une excellente productivité, ce parc a déjà mobilisé 250 millions € pour un ensemble de 61 éoliennes fournies par le français Alstom. Il est le troisième parc éolien du groupe, avec Foum el Oued (50 MW), dans le sud du pays, et Haouma (50 MW), dans le nord. Ces trois parcs sont destinés à fournir les grandes industries marocaines parmi lesquelles OCP, Managem, Lafarge, Samir, Air Liquide ou encore Sonasid. Nareva fait d’ailleurs figure de pionner en fournissant à Lafarge Ciment de l’énergie éolienne pour ses usines près de Casablanca. Ainsi, la cimenterie de Bouskoura devrait, à court terme, satisfaire 50% de ses besoins en électricité grâce à de l’énergie verte.

 

Sur les 2 GW d’électricité que le Maroc veut produire à partir de l’éolien, Nareva a déjà permis de réaliser plus de 15% de cet objectif. Mais Ahmed Nakkouch, PDG de l’entreprise, ne compte pas s’arrêter là : Nareva s’est récemment associé au groupe italien Enel Green Power pour la réalisation d’un nouveau programme d’énergie éolienne de 850 MW. Enel Green Power, l’un des leaders mondiaux des énergies renouvelables avec 9900 MW de capacité installée dans une quinzaine de pays, vient d’ailleurs d’ouvrir une représentation à Casablanca. Le projet comporte la mise en place entre 2017 et 2020 des parcs éoliens de Tanger (150 MW), Laâyoune (300 MW), Essaouira (200 MW), Boujdour (100 MW)  et Midelt (100 MW). Les résultats de l’appel d’offre international lancé en mars 2014, devraient être connus ces prochaines semaines. Le projet comprend également la réalisation d’une industrie locale de fabrication des aérogénérateurs, mats et pales.

 

Désormais, le groupe Nareva espère reproduire dans le solaire, le succès qu’il a enregistré dans l’éolien, notamment sur le méga projet de Ouarzazate. Il continuera également de concourir pour les projets de centrales prévues au programme du MASEN (Moroccan Agency for Solar Energy).

 

Alors que les pays du G20 semblent disposés à financer de vastes programmes d’énergies renouvelables en Afrique, l’expertise et les moyens financiers de Nareva devraient se révéler plus que jamais opportuns et permettre au holding royal de donner à sa filière Energie une véritable dimension continentale. « Le Royaume du Maroc est devenu l’un des acteurs majeurs de la transition énergétique dans le monde et plus particulièrement sur le Continent africain. » a ainsi déclaré le roi Mohammed VI aux 150 chefs d’Etat présents à la COP 21.

 

 

Source Agence Ecofin

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