Premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire a connu une récolte historique pour la campagne 2014. La nouvelle, pourtant, n’a pas fait que des heureux. Fin février, lors d’une conférence de presse, Jean-Marc ANGA, directeur exécutif de l’Organisation internationale du cacao (Icco en anglais), a prévenu : « Il 2014. 400 000 tonnes est difficile, voire impossible, qu’une production nationale passe de 1,3 million en 2013 à 1,74 million de tonnes de cacao en de plus, c’est énorme ! ».
 
La surproduction du pays, combinée à celles des autres producteurs (Ghana, Nigeria, Indonésie, Cameroun) pourrait en effet provoquer la chute des cours entraînant celle du revenu des producteurs. « Mais ceux-ci ne seront pas les seules victimes puisque leurs Etats seront aussi affectés, en raison de l’importance de la contribution du cacao à leurs recettes. » Le massage sera-t-il entendu, dans un contexte où les cours du cacao sont très hauts avec la forte demande des pays émergents (Chine, Brésil, Inde…) qui fait planer la menace d’une pénurie, selon les acteurs du secteur ? En attendant, la production ivoirienne devrait baisser de 20 000 tonnes lors de la prochaine campagne, pour se fixer à 1,72 million de tonnes.
 
Rappelons que le secteur agricole ivoirien, très largement dominé par la culture du cacao, représente 22 % du PIB, contribue pour moitié aux recettes d’exportation et occupe les deux tiers de la population active.
 
Afrique – Asie – Avril 2015 «Syrie. Le pari perdu de l’Occident », p. 74.

 

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