Lundi noir sur les bourses mondiales. Le séisme boursier enregistré ce lundi 24 août en Chine a eu de fortes répliques en Asie et en Europe. La bourse de Shanghaï a terminé la journée sur un plongeon de presque 8,5 %, sa plus forte baisse journalière depuis huit ans. La place a désormais effacé tous les gains enregistrés depuis le début de l’année, tombant sous son niveau du 31 décembre 2014.

 

La Bourse de Shenzhen, la deuxième en Chine, a quant à elle chuté de 7,61 %. L’agence de presse officielle Chine Nouvelle n’a pas hésité dans ce contexte de parler de «lundi noir». La contagion a rapidement atteint la bourse de Tokyo, où l’indice Nikkei a terminé la journée en baisse de 4,61%, à un plus bas de six mois. Hongkong a reculé de 5,17%. Sydney a trébuché de 4,09%, tombant à un plus bas en deux ans, et Séoul de 2,47%.

 

De leur côté, les places européennes ont décroché lundi dès l’ouverture. Paris a ouvert sur une chute de 3,57 %, tandis que Londres abandonnait plus de 2,50 % et Francfort 3,15 %.

 

Les matières premières n’ont pas été épargnées : les cours du brut se repliaient, évoluant sous 40 dollars le baril à des niveaux inédits depuis six ans.

 

La santé de l’économie chinoise préoccupe au plus haut niveau les investisseurs depuis la dévaluation du yuan il y a environ deux semaines. Les craintes se sont accentuées suite à la publication le 21 août de l’indicateur manufacturier de référence de la Chine. Cet indicateur s’est établi à son plus bas niveau depuis plus de six ans, signalant une violente contraction de l’activité manufacturière chinoise en août et apportant une preuve supplémentaire de l’essoufflement de la deuxième économie mondiale.
«Nous avons tous les ingrédients pour assister sur les marchés mondiaux à la pire journée depuis cinq ans», a commenté Evan Lucas, du courtier IG Markets, en début d’échanges asiatiques. «Les réactions des marchés asiatiques reflètent la conviction des investisseurs qu’un atterrissage brutal (de l’économie chinoise) est inévitable», a-t-il ajouté.

 

Dans une tentative de rassurer les marchés, Pékin a certes annoncé le 23 août que le gigantesque fonds de pension chinois allait être autorisé à investir une partie de ses colossaux actifs dans les Bourses locales. Mais l’annonce n’a pas rassuré les investisseurs chinois, pour la plupart des particuliers et petits porteurs, d’autant que persistent les craintes de survalorisation des marchés locaux déconnectés de l’économie réelle.

 

Selon les experts, la Bourse de Shanghai apparaît quasi-condamnée à s’enfoncer sous le seuil symbolique de 3000 points. «C’est un vrai désastre et il semble que rien ne puisse l’arrêter», a estimé Chen Gang, analyste chez Heqitongyi Asset Management, prévenant que de nombreux fonds d’investissement se trouvaient contraints de réduire drastiquement leurs actifs sous peine de faire faillite.

 

 

Source : Agence Ecofin

Articles similaires