La réserve fédérale américaine (Fed) a mis fin, dans la soirée du mercredi 16 décembre, à sa politique monétaire accommodante en annonçant un relèvement de ses taux directeurs de 0,25 point de base pour la première fois depuis près de dix ans.

 

Le taux interbancaire au jour le jour, qui évoluait depuis fin 2008 entre 0 et 0,25%, passera ainsi à une fourchette de 0,25% à 0,50%.

 

La Fed a justifié sa décision par l’amélioration des indicateurs de l’économie américaine. La croissance du PIB des États-Unis devrait s’établir à 2,1% cette année et à 2,4% l’année prochaine. Et l’économie est déjà en situation de quasi plein emploi, avec un taux de chômage à peine supérieur à 5%, contre 10% en 2009.

 

Le Comité de politique monétaire (FOMC) de la Banque centrale américaine a également promis que le relèvement des taux serait ensuite «graduel», tout en indiquant qu’il continuera à surveiller «les développements internationaux».

 

La Fed avait déjà repoussé en septembre dernier un changement de cap historique en matière de politique monétaire en raison notamment des inquiétudes sur le ralentissement de l’économie chinoise.

 

La dernière hausse des taux aux États-Unis remontait à juin 2006 lorsque la Fed voulait calmer la bulle immobilière qui a fini par éclater deux ans plus tard avec la crise des subprimes.  Après l’éclatement de la bulle immobilière en 2008, la banque centrale des États-Unis a maintenu pendant sept ans les taux proches de zéro et injecté près de 3500 milliards de dollars dans le système financier pour faire repartir une économie en récession.

 

La fin de la politique monétaire accommodante de la Fed pourrait avoir, selon les experts, un impact négatif sur les pays émergents. Les taux américains proches de zéro avaient poussé de nombreux investisseurs à placer des sommes mirobolantes au Brésil, en Turquie ou en Afrique du Sud, en vue d’obtenir de meilleurs rendements. Le mouvement inverse de capitaux, qui a déjà commencé depuis l’annonce  par la Fed de son intention de remonter les taux américains, risque désormais de s’accélérer. La Banque mondiale avait déjà appelé les pays émergents à «attacher leur ceinture» et à se préparer à des turbulences.

 

«Nous conseillons aux nations, en particulier aux pays émergents, d’attacher leurs ceintures», avait déclaré l’économiste en chef et vice-président de la Banque mondiale, Kaushik Basu le 10 juin, expliquant que «la hausse des taux d’intérêt américains pourrait affaiblir les flux de capitaux et relever les coûts d’emprunt».

 

 

Agence Ecofin

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