Lorsqu’en Février dernier, le togolais Afate Gnikou remporte le 1er prix de la 10ème Conférence Internationale du Réseau des Laboratoires de Fabrication Numérique, les analystes croient rêver. Comment ne pas lever les yeux au ciel quand une imprimante 3D, réaliser à partir de déchets électroniques triés dans les décharges, crève l’écran ?

 

Plus connu sous l’appellation « 3D », l’impression tridimensionnel désigne un ensemble de procédés de fabrication additive. Autrement dit, un opérateur dessine un objet sur un écran à l’aide d’un outil de conception assisté par ordinateur et le ficher 3D généré est envoyé vers une imprimante qui le découpe en tranches, dépose ou solidifie la matière, strate après strate, pour obtenir la pièce recherchée.

 

Développé par Afate Gnikou au sein du Woelab, au Togo, Afate a remporté le 1er prix de l’innovation technologique à la 10ème Conférence Internationale du Réseau des Laboratoires de Fabrication Numérique de Barcelone devant 35 finalistes.

 

L’initiative de ce jeune togolais s’inscrit dans le courant LowHight Tech du Woelab qui vise à équiper diverses couches sociales de technologies de proximités en leur fournissant également la capacité de créer leurs propres machines à l’aide d’une documentation simple et détaillée.

 

De 2,5 milliards de dollars en 2013, l’industrie de la 3D devrait dépasser les 20 milliards de dollars en 2020.

La technologie 3D inverse le processus de fabrication traditionnelle. Au lieu des centres de production de masse, elle rend possible la production décentralisée par les masses. D’après Knowds Database, l’industrie mondiale de l’impression 3D croît à un rythme vertigineux. De 2,5 milliards de dollars en 2013, sa valeur devrait dépasser les 20 milliards en 2020.

 

Guy Gwett, directeur des opérations chez Knowds pense qu’à moyen terme, « cette technologie affranchira l’Afrique de la logique financière habituelle, aidera à limitera la pollution, dispensera de plusieurs années de R&D et permettra des économies monstrueuses. D’après les calculs de l’armée américaine, l’impression 3D réduit de 97% les coûts de production et de 83% le temps de production. Les jeunes opérateurs comme Afate Gnikou surfent sur l’expiration des brevets stratégiques et la baisse des prix de revient qui en découle. L’enjeu pour l’Afrique est de démocratiser la technologie tridimensionnelle. »

 

La 3D a un impact écologique supérieur et un coût énergétique inférieur à la production traditionnelle.

Il est démontré que la 3D a un impact écologique supérieur et une consommation d’énergie inférieure à la production traditionnelle, même si certaines techniques d’impression tridimensionnelle sont émettrices de nanoparticules.
En Ouganda, un projet pilote de fabrication de prothèses et orthèses en 3D vise à faire chuter leur prix unitaire de 5000 à 250 dollars.
En Afrique du Sud, Hans Fouche a réussi Cheetah une tondeuse à gazon en 540 minutes.
Et les promesses sont nombreuses.
La riche culture de fabrication de masques chez les Bamoun ou les Bamilékés de l’Ouest du Cameroun pourrait être restaurés, numérisés et reproduits dans plusieurs musées dans le monde grâce à l’impression 3D.

 

La même technologie pourrait aider à relancer la production de sculptures d’exception par les Wakamba people du Kenya ou par les fabuleux artisans du Sud-Est de la Tanzanie.

 

L’impression en 3D peut permettre aux femmes Ntumu de l’Est Equato-Guinéen de réaliser des prototypes d’outils agricoles adaptés à leur culture, à leurs besoins et à leur environnement. Au lieu de couper le tissu et de perdre certaines parties, la technologie 3D pourrait permettre la création de vêtements adaptables à différentes circonstances, en évitant le gaspillage.

 

Même la pénurie de logements dans les villes africaines trouvera dans la technologie 3D une solution viable, écologique et pas chère face à l’urbanisation rapide du continent.

 

La clé du succès réside dans la compréhension rapide et l’intégration précoce de la 3D en Afrique.
Le lauréat togolais Afate Gninkou pense que pour réussir sa percée en Afrique, la technologie 3D devrait passer par :
1) l’éducation en intégrant la culture et les outils de l’impression 3D dans les collèges, les lycées et les universités afin que les jeunes africains puissent se familiariser avec la technologie.
2) insérer l’impression 3D au sein des principaux pôles d’innovation du continent africain.
Dans les notes stratégies de Knowds, on peut lire que « la principale clé du succès réside dans la compréhension rapide et l’intégration précoce de la dynamique 3D dans les programmes de développement africains ».
Pour Knowds, cette compréhension et cette intégration rapides par les États sont vitales pour réussir l’entrée de l’Afrique dans la troisième révolution industrielle.

 

Source / Africa Dilligence

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