La Société Financière Internationale (filiale de la Banque mondiale) espère mobiliser 5 milliards $ pour des investissements d’infrastructures dans les pays émergents et invite les société d’assurance à rejoindre sa nouvelle plateforme de syndication de ressources, le Managed Co-Lending Portfolio Program (MLPP).

Les discussions avec l’assureur Allianz ont débouché sur un accord et ce dernier devrait s’engager à hauteur de 500 millions $. Des échanges sont en cours avec Eastspring Investments (la branche gestion d’actifs en Asie de l’assureur britannique Prudential) et avec le groupe français Axa, présent en Afrique.

Avec ce procédé, la SFI règle deux problèmes. Il offre d’une part, aux grands groupes d’assurances internationaux, une fenêtre d’investissements rentables avec un niveau de risque modéré. Une aubaine pour ces institutions qui, sur leurs marchés traditionnels, reçoivent de faibles taux de rendements, voire des rendements négatifs.

De l’autre côté, l’institution membre du groupe de la Banque mondiale essaye de combler le gap des 2000 milliards $ dont elle a besoin pour la construction d’infrastructures dans les pays émergents, dont l’Afrique. Les ressources actuellement disponibles sont de 1000 milliards $. Les assureurs seuls ne permettront pas de mobiliser la totalité de la ressource manquant. Les fonds de pensions seront donc appelés à la rescousse.

Par ailleurs, des discussions sont déjà avancées avec l’Agence suédoise pour le développement de la coopération internationale. Mais des observateurs s’attendent à voir la Chine jouer un rôle majeur dans la constitution de ce fonds. Son administration en charge de ses réserves de change, qui gère un total de 3200 milliards $ a déjà contribué pour 3 milliards $ lors du premier MLPP.

L’Afrique, où la SFI est très présente, devrait logiquement bénéficier des nouvelles ressources lorsqu’elles seront disponibles. Le continent connait l’un des gaps en infrastructure les plus important au monde. Les investissements chinois couvrent des segments précis (transport, développement des exploitations de ressources). Ce qui laisse un large espace pour l’intervention d’autres acteurs, notamment dans les secteurs de l’éducation, de la santé, ou encore des énergies renouvelables.

Idriss Linge – Agence Ecofin

Articles similaires